Le profil d’aile : vocabulaire et effet Venturi
Aérodynamique et principes du vol · 3 min
Un avion de ligne pèse parfois plusieurs centaines de tonnes, et pourtant il tient en l’air sans battre des ailes. Comment ? C’est la question de l’aérodynamique, l’étude de l’air en mouvement et des forces qu’il exerce. Pour le pilote, ce n’est pas de la théorie : comprendre pourquoi l’aile porte, c’est comprendre quand elle peut cesser de porter, à quelle vitesse décoller, comment virer sans danger et jusqu’où planer si le moteur s’arrête.
Le chemin part de l’aile : sa forme et la force que l’air exerce sur elle, qui se partage en portance et traînée ; la polaire, la courbe qui résume une aile ; les volets et les becs, qui l’aident à voler lentement. Vient ensuite l’avion entier : en palier, en virage, autour de ses trois axes avec ce qui le rend stable, puis au décollage et à l’atterrissage. On finit par les appareils qui volent autrement, l’hélicoptère et le ballon, et par le vol spatial.
Tout commence par quelques mots, ceux qui nomment les parties d’une aile : l’examen les réutilise dans presque toutes ses questions. On verra aussi comment l’air s’écoule autour d’elle, et pourquoi il accélère quand on le resserre.
Le vocabulaire du profil

Le profil est la coupe verticale de l’aile : la forme qu’on verrait en la tranchant comme une tranche de pain.
- Bord d’attaque (leading edge) : les points les plus en avant de l’aile, ceux qui rencontrent l’air en premier.
- Bord de fuite (trailing edge) : les points les plus en arrière, là où l’air quitte l’aile.
- Extrados : la surface supérieure de l’aile, entre bord d’attaque et bord de fuite.
- Intrados : la surface inférieure, entre les deux mêmes bords.
- Corde de profil (wing chord) : le segment qui joint le bord d’attaque au bord de fuite.
- Profondeur : la longueur de cette corde.
- Épaisseur : la distance maximum entre l’extrados et l’intrados.
- Ligne moyenne : la ligne tracée à mi-chemin entre l’extrados et l’intrados. Plus elle est courbée, plus le profil est cambré.
L’écoulement de l’air autour du profil
Pour étudier le vol, il est équivalent de considérer l’avion immobile et l’air qui se déplace. C’est exactement ce que fait une soufflerie. On observe alors la trajectoire de minces filets d’air, appelés lignes de courant.

La vitesse de l’avion est ainsi remplacée par le vent relatif, qui souffle dans le sens opposé au déplacement.
L’effet Venturi
Un phénomène tout simple va servir à comprendre l’aile : ce que fait l’air quand on le force à passer par un passage étroit.

Quand un écoulement est resserré, il accélère : c’est l’effet Venturi. Un relief ou un tuyau qui se pince le montrent bien. Le passage se rétrécit, mais la même quantité d’air doit passer chaque seconde : l’air va donc plus vite.
Au-dessus d’une aile aussi, l’air accélère. La leçon suivante, « Le théorème de Bernoulli et la portance », explique pourquoi, et comment cette accélération fait naître la portance.
L’essentiel
- Extrados dessus, intrados dessous ; corde = bord d’attaque → bord de fuite.
- Vent relatif : parallèle à la trajectoire, de sens opposé.
- Effet Venturi : un écoulement qui se resserre accélère.