Les couches de l’atmosphère et la tropopause
Météorologie et aérologie · 7 min
Avant chaque vol, le pilote se pose la même question : le temps permet-il de partir ? Un brouillard qui se forme sur la piste, un orage sur la route, du givre sur les ailes, un vent de travers trop fort : c’est la météo qui décide. Un pilote qui entre par erreur dans un nuage, sans savoir voler aux instruments, peut perdre le contrôle de son avion en quelques minutes. C’est pourquoi la météorologie ouvre le programme du BIA.
Tout cela se joue dans l’air qui entoure la Terre : l’atmosphère. On commence donc par elle : jusqu’où elle monte, comment elle s’organise en couches, où se forment les nuages et de quoi elle est faite. Les leçons suivantes regardent ce qui change dans cet air (sa température, sa pression, son humidité), parce que c’est de là que viennent le vent, les nuages et les dangers que le pilote apprend à éviter.
Une couche très fine
Première surprise : vue de l’espace, l’atmosphère n’est qu’un liseré bleu au bord de la Terre.

L’épaisseur de l’atmosphère est fixée par convention à la limite de Karman, à 100 km d’altitude. Au-delà, on considère qu’on est dans l’espace.
Comparé au rayon terrestre de 6 400 km, c’est presque rien : l’atmosphère est une soixantaine de fois plus mince que le rayon de la Terre (6 400 ÷ 100 = 64). Sur le schéma, elle n’est qu’un trait au bord du disque.
Et cette mince couche est elle-même très inégalement remplie : les 30 premiers kilomètres concentrent 99 % de la masse totale de l’atmosphère. Tout le reste est du vide presque parfait.
Les couches de l’atmosphère
Quand on s’élève, l’air ne change pas de façon régulière : c’est l’évolution de sa température qui découpe l’atmosphère en couches, chacune avec son nom. Les avions volent dans les deux plus basses, et toute la météo tient dans la première.


Sous l’exosphère, la frange extérieure où l’air se dilue peu à peu dans l’espace, on distingue quatre couches. De haut en bas :
- Couche : Thermosphère · Étendue : 85 à 500 km · À retenir : La station spatiale (vers 400 km) et les satellites en orbite basse
- Couche : Mésosphère · Étendue : 50 à 85 km · À retenir : Vers −90 °C au sommet, le point le plus froid de l’atmosphère ; les étoiles filantes s’y consument
- Couche : Stratosphère · Étendue : ~11 à 50 km · À retenir : Contient la majeure partie de la couche d’ozone
- Couche : Troposphère · Étendue : Du sol à ~11 km · À retenir : Tous les phénomènes météorologiques
Observe bien le trait rouge du schéma : la température ne descend pas continûment. Elle baisse dans la troposphère (l’air y est chauffé par le bas, au contact du sol que le Soleil réchauffe : plus on s’en éloigne, plus il fait froid ; et l’air qui s’élève se détend, ce qui le refroidit encore), remonte dans la stratosphère (l’ozone absorbe le rayonnement solaire), rebaisse dans la mésosphère, puis remonte dans la thermosphère. Les « pauses » (tropopause, stratopause, mésopause) sont précisément les points où la température change de sens.
Les avions de ligne croisent entre 9 et 12 km, près de la tropopause : dans le haut de la troposphère, ou juste au-dessus, dans la basse stratosphère, les jours où la tropopause est basse. Un ballon-sonde, lui, traverse toute la troposphère et monte bien plus haut, souvent au-delà de 30 km : c’est pourquoi le schéma le place dans la stratosphère.
La tropopause
De toutes ces limites, celle qui compte le plus pour l’aviation est la première : elle coiffe la troposphère, donc toute la météo, et c’est autour d’elle que croisent les avions de ligne.

La tropopause est la limite entre la troposphère et la stratosphère. En atmosphère standard, à nos latitudes, elle se situe à 11 km (environ 36 000 ft) pour une température de −56,5 °C, arrondie à −56 °C dans les annales et sur les schémas ci-dessus.
Mais le schéma montre que 11 km est une moyenne des régions tempérées : la tropopause est haute et très froide à l’équateur (vers 17 km et −70 °C), basse et moins froide au pôle (vers 8 km et −45 °C). Elle varie aussi avec la saison : en été, la tropopause est plus haute.
La composition de l’air
Reste à savoir de quoi est fait cet air que l’on respire et dans lequel volent les avions. La réponse surprend souvent.
L’air atmosphérique est un mélange d’air sec, de vapeur d’eau et de poussières. L’air sec en forme l’essentiel, et il se décompose ainsi :
- Gaz : Diazote (N₂) · Proportion en volume : 78 %
- Gaz : Dioxygène (O₂) · Proportion en volume : 21 %
- Gaz : Argon (Ar) · Proportion en volume : 0,9 %
S’y ajoutent des traces d’hélium, de dioxyde de carbone et de dihydrogène.
La vapeur d’eau, elle, est en quantité très variable : de presque rien à quelques pour cent. C’est pourtant elle qui fait toute la météo : nuages, pluie, brouillard, givrage.
L’essentiel
- Limite de Karman : 100 km. Les 30 premiers km contiennent 99 % de la masse de l’atmosphère.
- Quatre couches de bas en haut : troposphère, stratosphère, mésosphère, thermosphère.
- Tous les phénomènes météo sont dans la troposphère.
- Tropopause : 11 km et −56,5 °C à nos latitudes (−56 °C dans les annales) ; c’est la partie la plus froide de la basse atmosphère.
- Air sec : 78 % de diazote, 21 % de dioxygène.