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Feux de position, vol de nuit et équipements de sécurité

Navigation, réglementation et sécurité · 8 min

De nuit, on ne voit plus un avion : on voit ses feux. Savoir les lire, c’est savoir dans quel sens il va, et donc s’il vient vers vous. C’est aussi le chapitre des équipements que la réglementation impose selon le vol entrepris : gilets, parachute, oxygène et réserve de carburant.

La nuit aéronautique

Le vol de nuit exige une qualification spéciale. Mais encore faut-il savoir quand la nuit commence, au sens réglementaire.

Pourquoi ce décalage ? Après le coucher du soleil, le ciel reste clair pendant une demi-heure environ : c’est le crépuscule civil, assez lumineux pour voler à vue. Les règles de l’air européennes définissent d’ailleurs la nuit comme la période qui va de la fin du crépuscule civil du soir (quand le centre du Soleil passe 6° sous l’horizon) au début de celui du matin ; sous nos latitudes, cela fait environ une demi-heure. Autrement dit, jusqu’à 30 minutes après le coucher du soleil, on vole encore en VFR de jour. Cette demi-heure de battement est l’objet de plusieurs questions.

Les feux de position

Tout avion en vol de nuit porte des feux réglementaires, toujours disposés de la même façon :

Le bout de l’aile gauche d’un ATR 72, vu de dessous : sous la bulle transparente de son extrémité, le feu de position rouge est allumé. Celui de l’aile droite, de l’autre côté, est vert. Photo : Olivier Cleynen, CC0
Le bout de l’aile gauche d’un ATR 72, vu de dessous : sous la bulle transparente de son extrémité, le feu de position rouge est allumé. Celui de l’aile droite, de l’autre côté, est vert. Photo : Olivier Cleynen, CC0

Lire la trajectoire d’un avion

De nuit, les feux donnent le sens d’un avion : vert à gauche et rouge à droite, il vient vers vous, risque d’abordage ; rouge, blanc, vert de gauche à droite, il s’éloigne ; vert seul, il passe vers la droite ; rouge seul, il passe vers la gauche
De nuit, les feux donnent le sens d’un avion : vert à gauche et rouge à droite, il vient vers vous, risque d’abordage ; rouge, blanc, vert de gauche à droite, il s’éloigne ; vert seul, il passe vers la droite ; rouge seul, il passe vers la gauche

Tout l’exercice consiste à déduire la trajectoire de l’ordre des couleurs.

Si l’avion vient vers vous, vous voyez son aile droite à votre gauche : donc le vert à gauche et le rouge à droite. C’est la configuration la plus importante, celle du risque d’abordage.

Si l’avion s’éloigne, vous voyez son aile droite à votre droite, plus son feu blanc arrière : donc, de gauche à droite, rouge, blanc, vert.

Ce que la réglementation impose selon le vol

Le survol maritime

Au-dessus de l’eau, l’avion doit pouvoir rejoindre la terre si le moteur s’arrête. Tout se mesure donc à partir de la distance de plané.

Au-delà de 30 minutes de vol ou 50 NM des côtes (la plus contraignante des deux conditions), le commandant de bord évalue le risque et décide s’il faut en plus emporter :

Le parachute

Le parachute est obligatoire pour la pratique de la voltige. En planeur, il a longtemps été obligatoire pour tous les occupants ; le règlement européen qui encadre aujourd’hui le vol en planeur ne l’impose plus, mais la Fédération française de vol en planeur (FFVP) en recommande fortement le port, et le règlement de ses compétitions l’exige de chaque occupant. En pratique, on décolle toujours en planeur avec un parachute sur le dos.

L’oxygène

Sur les aéronefs non pressurisés, l’oxygène devient obligatoire selon l’altitude à laquelle on vole (plus exactement, l’altitude-pression de la cabine) :

Ce sont les valeurs que le commandant de bord applique quand il ne peut pas juger lui-même de l’effet du manque d’oxygène sur les personnes à bord : en pratique, c’est le cas de presque tous les vols.

L’autonomie en carburant

Pour entreprendre un vol, il faut emporter de quoi assurer la mise en route, le roulage, la montée, le vol, la descente et l’arrivée, en tenant compte du vent (par prudence, on ne le compte que s’il est défavorable) et des dernières conditions météo.

À cela s’ajoute la réserve réglementaire, qu’on garde intacte et qu’on n’entame qu’en cas d’imprévu.

Le calcul complet est détaillé dans la leçon « Le carburant et la réserve ».

L’essentiel