Feux de position, vol de nuit et équipements de sécurité
Navigation, réglementation et sécurité · 8 min
De nuit, on ne voit plus un avion : on voit ses feux. Savoir les lire, c’est savoir dans quel sens il va, et donc s’il vient vers vous. C’est aussi le chapitre des équipements que la réglementation impose selon le vol entrepris : gilets, parachute, oxygène et réserve de carburant.
La nuit aéronautique
Le vol de nuit exige une qualification spéciale. Mais encore faut-il savoir quand la nuit commence, au sens réglementaire.
Pourquoi ce décalage ? Après le coucher du soleil, le ciel reste clair pendant une demi-heure environ : c’est le crépuscule civil, assez lumineux pour voler à vue. Les règles de l’air européennes définissent d’ailleurs la nuit comme la période qui va de la fin du crépuscule civil du soir (quand le centre du Soleil passe 6° sous l’horizon) au début de celui du matin ; sous nos latitudes, cela fait environ une demi-heure. Autrement dit, jusqu’à 30 minutes après le coucher du soleil, on vole encore en VFR de jour. Cette demi-heure de battement est l’objet de plusieurs questions.
Les feux de position
Tout avion en vol de nuit porte des feux réglementaires, toujours disposés de la même façon :
- Feu : Vert · Emplacement : Bout d’aile droite
- Feu : Rouge · Emplacement : Bout d’aile gauche
- Feu : Blanc · Emplacement : À l’arrière
- Feu : À éclats · Emplacement : Anticollision

Lire la trajectoire d’un avion

Tout l’exercice consiste à déduire la trajectoire de l’ordre des couleurs.
Si l’avion vient vers vous, vous voyez son aile droite à votre gauche : donc le vert à gauche et le rouge à droite. C’est la configuration la plus importante, celle du risque d’abordage.
Si l’avion s’éloigne, vous voyez son aile droite à votre droite, plus son feu blanc arrière : donc, de gauche à droite, rouge, blanc, vert.
Ce que la réglementation impose selon le vol
Le survol maritime
Au-dessus de l’eau, l’avion doit pouvoir rejoindre la terre si le moteur s’arrête. Tout se mesure donc à partir de la distance de plané.
- Dès qu’un monomoteur s’éloigne de la terre au-delà de la distance de plané, chaque occupant doit disposer d’un gilet de sauvetage.
- En France, un plan de vol devient obligatoire quand l’avion s’éloigne de la côte au-delà de la plus courte de deux distances : celle qui lui permet, moteur en panne, de rejoindre une terre où se poser, ou 15 fois son altitude. L’écoute radio devient alors également obligatoire.
Au-delà de 30 minutes de vol ou 50 NM des côtes (la plus contraignante des deux conditions), le commandant de bord évalue le risque et décide s’il faut en plus emporter :
- des canots de sauvetage pour tous les occupants ;
- un équipement de secours médical et de survie ;
- une balise de détresse flottante et étanche.
Le parachute
Le parachute est obligatoire pour la pratique de la voltige. En planeur, il a longtemps été obligatoire pour tous les occupants ; le règlement européen qui encadre aujourd’hui le vol en planeur ne l’impose plus, mais la Fédération française de vol en planeur (FFVP) en recommande fortement le port, et le règlement de ses compétitions l’exige de chaque occupant. En pratique, on décolle toujours en planeur avec un parachute sur le dos.
L’oxygène
Sur les aéronefs non pressurisés, l’oxygène devient obligatoire selon l’altitude à laquelle on vole (plus exactement, l’altitude-pression de la cabine) :
- Altitude : Au-dessus du FL 100 (10 000 ft) · Qui : Le pilote et l’équipage · Condition : Si le vol y dure plus de 30 min
- Altitude : Au-dessus du FL 130 (13 000 ft) · Qui : Tous les occupants · Condition : Quelle que soit la durée
Ce sont les valeurs que le commandant de bord applique quand il ne peut pas juger lui-même de l’effet du manque d’oxygène sur les personnes à bord : en pratique, c’est le cas de presque tous les vols.
L’autonomie en carburant
Pour entreprendre un vol, il faut emporter de quoi assurer la mise en route, le roulage, la montée, le vol, la descente et l’arrivée, en tenant compte du vent (par prudence, on ne le compte que s’il est défavorable) et des dernières conditions météo.
À cela s’ajoute la réserve réglementaire, qu’on garde intacte et qu’on n’entame qu’en cas d’imprévu.
Le calcul complet est détaillé dans la leçon « Le carburant et la réserve ».
L’essentiel
- Nuit aéronautique : de 30 min après le coucher à 30 min avant le lever du soleil.
- Feux : vert à droite, rouge à gauche, blanc à l’arrière.
- Vert à gauche + rouge à droite = l’avion vient sur vous.
- Avion qui s’éloigne : rouge, blanc, vert de gauche à droite.
- Survol maritime : au-delà de la distance de plané, gilets pour tous et plan de vol obligatoire (ou dès 15 fois l’altitude si c’est plus près) ; au-delà de 30 min ou 50 NM, le commandant de bord décide d’emporter canots et balise.
- Parachute : obligatoire en voltige ; en planeur, il n’est plus imposé par la réglementation, mais la FFVP le recommande fortement et l’exige en compétition.
- Oxygène : pilote au-dessus du FL 100 après 30 min, tous au-dessus du FL 130.
- Réserve : 30 min de jour (10 min en vol local, terrain en vue), 45 min de nuit.