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Lire un METAR et un TAF, groupe par groupe

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Au bord d'une piste, une prévisionniste météo relève les mesures d'un mât de capteurs, sous un ciel de cumulus. Photo : US Air Force, domaine public
Au bord d'une piste, une prévisionniste météo relève les mesures d'un mât de capteurs, sous un ciel de cumulus. Photo : US Air Force, domaine public

Avant chaque vol, un pilote consulte la météo de l'aérodrome de départ et de celui d'arrivée. Il la reçoit sous forme de deux messages codés, écrits partout dans le monde de la même façon : le METAR, qui dit le temps qu'il fait, et le TAF, qui dit le temps qu'il fera. Ils ont l'air illisibles ; une fois l'ordre des groupes connu, ils se lisent en quelques secondes.

Quelle différence entre un METAR et un TAF ?

Dans les deux, toutes les heures sont en UTC, le temps universel, marqué d'un Z. En France, l'heure légale a une heure d'avance en hiver et deux en été : 9 h 30 UTC, c'est 11 h 30 à Paris en été.

Comment lire un METAR, groupe par groupe ?

Voici un METAR construit pour l'exemple :

METAR LFLY 200930Z 33012G24KT 9999 -SHRA FEW018 BKN030 13/08 Q1012 NOSIG=

  1. METAR : le type de message, une observation.
  2. LFLY : l'indicateur OACI de l'aérodrome, ici Lyon-Bron. En France métropolitaine, ils commencent tous par LF.
  3. 200930Z : le 20 du mois, à 9 h 30 UTC.
  4. 33012G24KT : le vent vient du 330°, à 12 nœuds, avec des rafales à 24 nœuds.
  5. 9999 : la visibilité est de 10 km ou plus. En dessous, elle s'écrit en mètres : 0500, c'est 500 m.
  6. -SHRA : le temps présent, des averses de pluie faibles.
  7. FEW018 BKN030 : les nuages, 1 à 2 octas à 1 800 ft, puis 5 à 7 octas à 3 000 ft.
  8. 13/08 : la température, 13 °C, et le point de rosée, 8 °C.
  9. Q1012 : le QNH, la pression ramenée au niveau de la mer, 1012 hPa. Météo-France l'arrondit à l'hectopascal inférieur.
  10. NOSIG : la tendance, aucun changement significatif prévu dans les deux heures.
  11. = : la fin du message.

Ce METAR décrit donc un temps d'averses, avec un vent de nord-nord-ouest soutenu et un plafond à 3 000 ft. La leçon Le METAR en décode un autre, par temps de brouillard givrant.

Comment se lit le vent ?

Le vent s'écrit avec trois chiffres pour sa direction, deux pour sa vitesse, puis l'unité, KT pour les nœuds. Deux règles à ne jamais oublier :

S'y ajoutent parfois des rafales (G, de gust), quand elles dépassent le vent moyen d'au moins 10 nœuds, un vent variable (VRB) quand il est faible et tourne, ou un vent calme, 00000KT. La leçon Le vent près du sol et sa mesure dit comment on le mesure.

Que veulent dire les codes du temps présent ?

Le groupe du temps présent se lit dans un ordre fixe : l'intensité, puis le descripteur, puis le phénomène.

Ainsi +TSRA se lit : orage avec forte pluie ; FZFG : brouillard givrant. Un groupe qui commence par RE signale un phénomène récent, terminé avant l'observation.

Comment lire les nuages ?

Chaque couche de nuages s'écrit avec sa quantité, en octas (huitièmes de ciel couvert), puis la hauteur de sa base, en centaines de pieds au-dessus de l'aérodrome :

BKN030 se lit donc : 5 à 7 octas à 3 000 ft. Le plafond est la base de la couche la plus basse qui couvre au moins 5 octas. Le genre du nuage n'est précisé que pour les plus dangereux : CB pour le cumulonimbus, TCU pour le cumulus bourgeonnant.

Attention à NSC (No Significant Clouds) : il ne veut pas dire ciel clair, mais aucun nuage significatif, c'est-à-dire aucun nuage sous la hauteur de référence du CAVOK, et aucun cumulonimbus ou cumulus bourgeonnant. La leçon Les nuages apprend à les reconnaître.

Que veut dire CAVOK ?

CAVOK (Ceiling And Visibility OK) remplace d'un coup la visibilité, le temps présent et les nuages, quand trois conditions sont réunies :

  1. une visibilité de 10 km ou plus ;
  2. aucun nuage sous 5 000 ft au-dessus de l'aérodrome, ou sous l'altitude minimale de secteur si elle est plus haute, et aucun cumulonimbus ni cumulus bourgeonnant, à quelque hauteur que ce soit ;
  3. aucun phénomène significatif pour l'aviation, comme une précipitation, un orage ou du brouillard.

CAVOK n'interdit donc pas les nuages : il peut y en avoir plus haut. Et près des montagnes, la hauteur de référence monte : à Nice, l'AIP France la fixe à 10 710 ft.

Comment lire un TAF ?

Le TAF reprend les groupes du METAR, avec deux ajouts : une période de validité, et des groupes d'évolution. En France, un aérodrome a soit des TAF courts, valables 9 heures et renouvelés toutes les 3 heures, soit des TAF longs, valables 24 ou 30 heures et renouvelés toutes les 6 heures.

TAF LFLY 200800Z 2009/2018 32010KT 9999 SCT030 TEMPO 2012/2016 32018G28KT 5000 SHRA BKN015 BECMG 2016/2018 VRB02KT=

Deux autres groupes reviennent souvent : FM (from), qui ouvre une nouvelle période et remplace tout ce qui précède, et PROB30 ou PROB40, une probabilité de 30 ou de 40 sur 100. Les TAF français donnent parfois aussi la température maximale et minimale prévues, TX et TN. Tout cela est repris dans la leçon Le TAF : la prévision d'aérodrome.

Où trouver les METAR et les TAF ?

Météo-France les publie sur Aéroweb, son site pour l'aviation, gratuit pour les usagers aéronautiques, sur inscription. Mais Météo-France le rappelle : une liste de METAR ne suffit pas pour préparer un trajet. Entre les deux aérodromes, le pilote lit aussi des cartes, comme la carte TEMSI du temps significatif et la carte WINTEM des vents en altitude.

Que demande le BIA sur le METAR et le TAF ?

Moins qu'on ne le croit. Dans nos 15 sujets d'annales, de 2015 à 2026, 17 questions portent sur ces messages, et aucune ne fait décoder un METAR entier. Ce qui revient :

Les bases du codage servent aussi ailleurs : la lecture des nuages est la même sur une carte TEMSI, et le vent se lit de la même façon à l'ATIS.

Pour t'entraîner

Sources